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Carnet de bord d’un confinement #3 : Éléonore

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Carnet de bord d’un confinement #3 : Éléonore

Emmanuelle Michel, professeur de français, a décidé de constituer avec ses élèves de terminale maturité un carnet de bord qui accompagnera le temps extraordinaire du confinement. Il s’agit de réfléchir à ces choses qui vont peu à peu modifier notre rapport au monde et aux autres, qui vont commencer à émerger dans le quotidien de notre retraite forcée. Textes, images, dessins constitueront ce drôle de journal dont voici le nouveau volet. Bonne lecture !

Dans notre carnet de bord de l’épidémie, Éléonore, interroge la temporalité irréelle du confinement, y percevant l’occasion de cultiver son jardin intérieur…

Après deux semaines complètes de quarantaine, un changement est perceptible. La nouveauté des premiers jours confinés a disparu, et les jours désormais se confondent. La notion du temps semble en effet s’effacer quelque peu : les heures se mêlent, les minutes semblent des jours, et les jours semblent n’être plus.

Les moments passés aussi se ressemblent. La monotonie du quotidien, tel qu’il est désormais, renforce la continuité inarrêtable du temps. Les minutes s’égrainent.

En ce temps qui semble ne plus finir, il semble parfois difficile de trouver un souffle qui anime ; puiser cette force, cette motivation au fond de nous. Mais bien que la monotonie laisse quelques fois l’ennui s’emparer de notre esprit, la monotonie permet également le calme. Un calme rare et apaisant qu’il faut savoir cueillir, à l’image des fleurs qu’apporte le printemps. Ce printemps qui, en ce moment même, éclot à l’extérieur de nos fenêtres et auquel nous ne pouvons accéder, saurait alors devenir un reflet de notre âme. Prendre soin de soi, apprécier l’accalmie, profiter du temps de détachement qui s’offre à nous pour se préparer à la sortie, comme les bourgeons qui, dehors, se préparent à devenir fleurs. Une fois la quarantaine passée, peut-être pourrons nous alors retrouver le quotidien plus heureux que jamais, puisque ces mois de préparation intérieure auront permis de nourrir les graines de notre bonheur.

Ainsi, rappelons nous chaque jour de nous employer à trouver une lueur en nous, bien qu’elle soit parfois enfouie sous l’obscurité des émotions néfastes. Chercher le détail, aussi subtil soit-il, qui apporte un rayon de soleil à notre journée. Sortir de la psychose, accepter la situation et notre  impuissance, tout en gardant l’espoir d’un jour meilleur. Et finalement, adopter une attitude réfléchie face à cette pandémie, cela dans le but d’en tirer une leçon. De cette manière nous sortirons du confinement, mais nous ne sortirons pas seulement de chez nous, nous sortirons grandis. Cultiver son jardin intérieur afin de devenir une personne meilleure et savoir changer ses habitudes afin de devenir une société plus consciente, telle est la clé pour faire de cette épreuve un atout.

«Tout ce qui ne tue pas rend plus fort» – Le crépuscule des idoles, F. Nietzsche

Eléonore Deryckere

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