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Carnet de bord d’un confinement #21 : conclusion

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Carnet de bord d’un confinement #21 : conclusion

Emmanuelle Michel, professeur de français, a décidé de constituer avec ses élèves de terminale maturité un carnet de bord qui a accompagné le temps extraordinaire du confinement. Après vingt contenus publiés depuis le 24 mars dernier, l’heure est venue de tourner la page… 

Conclusion

La date du lundi 11 mai 2020 restera gravée dans nos mémoires. Au bout de 55 jours de confinement, nous avons quitté notre coin du monde, pour reprendre la jolie formule de Bachelard.

Après une réclusion d’inspiration taoïste, pour tenter de se délivrer du monde social où règnent si souvent les conventions, l’hypocrisie, où nous sommes bien souvent entravés dans notre élan créatif, une urgence nouvelle s’impose à nous, celle d’un retour aux corps, aux visages et aux voix, soumis depuis 55 jours à la virtualité des écrans.

A quoi ressemblera le monde d’après ? Sur la difficulté à anticiper les crises à venir, Hannah Arendt écrit : “c’est seulement lorsque quelque chose d’irrévocable s’est produit qu’on peut s’efforcer de déterminer à rebours son histoire. L’événement éclaire son propre passé ; il ne peut jamais en être déduit”. Les prochaines semaines, les prochains mois construiront la narration de ce passé, qui constitue encore le présent que nous vivons.

Le mot crise issu du grec krinein qui signifie séparer, distinguer, implique une dimension auto-critique, propice à la renaissance et à l’élan de créativité. Les temps de crise sont souvent l’occasion de revenir à l’essentiel : « non (à) la poursuite aveugle du profit mais (à) la permanence d’une vie authentiquement humaine », comme le dit Jonas. Si les émotions collectives – parmi lesquelles figure la peur – mettent en œuvre une capacité d’action selon Piroska Nagy, elles pourraient bien nous aider à penser le monde autrement, à ne pas recommencer comme si rien ne s’était passé.

Pour ma part, je n’ai pas seulement rencontré de grands penseurs ; je n’ai pas seulement regardé et écouté le monde d’une autre manière ; j’ai aussi investi des relations familiales et affectives qui me sont chères, que j’ai jugées tout aussi vitales que ces gestes reflétant la fragilité de notre condition de vivants : manger, boire, dormir, nous protéger du virus… Et puis j’ai cheminé depuis notre coin du monde. Mes élèves, des adolescents – que dis-je de jeunes adultes ! – ont été mes compagnons de route, de fidèles compagnons, sans lesquels ce carnet de bord du confinement n’aurait jamais vu le jour. Ils m’ont donné l’élan d’une initiative, qu’ils ont nourrie par leur talent mais aussi par leur assiduité et leur sens de l’engagement. Les lisant ces dernières semaines – et sans verser dans un sentimentalisme que je rejette – j’ai saisi le monde à travers la singularité de leurs regards, des regards poétiques, des regards sensibles, des regards éclairés.

Merci à l’ensemble de mes élèves et tout particulièrement à Ling Shu, Pierre, Eléonore, Costanza, Adriano, Alessia, Natalia, Elliot, Alexandre, Laura, Océane, Lucie, Nicola, Nadim et aux deux auteurs anonymes qui se reconnaitront. Enfin merci à Laura et Nicolas de la communication d’avoir soutenu notre projet et de l’avoir mis en images.

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