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Carnet de bord d’un confinement #10: Natalia

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Carnet de bord d’un confinement #10: Natalia

Emmanuelle Michel, professeur de français, a décidé de constituer avec ses élèves de terminale maturité un carnet de bord qui accompagnera le temps extraordinaire du confinement. Chacun chez soi, la temporalité arrêtée du confinement invite à revisiter les rayonnages de sa bibliothèque. Dans son éloge du livre, Natalia évoque ici notre rapport vital au savoir.

 Lire pour vivre ou vivre pour lire ?

La lecture est pour beaucoup une corvée, pour d’autres une passion, pour certains une nécessité.

Je me rappelle avoir huit ans lorsque j’ai pour la première fois lu un livre pour et par moi-même. J’ai aujourd’hui le double de cet âge et mon besoin insatiable de lecture, dont la naissance est symbolisée par ce premier livre, n’est toujours pas assouvi.

Pensez un instant à ce que représente un livre. Où certains d’entre nous ne voient qu’un texte, je perçois une aventure. Une expérience. Un voyage. Une rencontre. Une collision. Une explosion. Une possibilité.

Une aventure qui nous mène au-delà de ce que l’on pouvait imaginer.

Une rencontre entre deux personnes, deux esprits perdus l’un et l’autre au milieu de l’univers.

Une collision entre des idées qui construisent un univers.

Une explosion de la réalité.

Une possibilité de comprendre une infime partie de cet infini; ce qui, au final, reviendrait à presque rien comme le diraient les mathématiciens. Et si on laissait de côté la science et le rationalisme ? Et si on se laissait aller dans l’irrationnel et l’émotion de la lecture ?

Un livre est une compilation d’années de recherche approfondie sur un sujet spécifique – il suffit de jeter un coup d’oeil à la bibliographie et à la sitographie. Il regroupe le savoir qu’un individu a construit et qui laisse des traces à jamais ; nous pouvons lire encore aujourd’hui les textes d’Homère, de Platon, Shelley, Brontë, Zweig, Garcia Márquez, Rowling, pour ne citer que certains auteurs relativement connus… Le mot sur la page permet de figer le temps en un instant, de capturer la force d’une émotion face à quelque chose d’éphémère et infini, de grand et inatteignable, de minuscule et pur.

Le texte révèle la manière dont réfléchit un auteur, sa philosophie, sa perception du monde et de la Nature, de l’humanité et de l’univers. Un texte raconte toujours la pensée de son auteur. Il reflète son âme sur le papier – ou sur l’écran, à l’époque contemporaine. Le livre ouvre nos yeux et nos esprits à de nouvelles idées et expériences, il ouvre tout simplement au monde.

Il y a une beauté dans la manière d’écrire et de s’exprimer, propre à chaque auteur et dans les milles et une manières d’interpréter un texte, de lui attribuer une signification personnelle. On peut trouver un certain charme aux bibliothèques : ce sont des regroupements de regroupements de savoir ; il suffit de se planter devant une étagère, devant des dizaines, des centaines de livres, d’en choisir un – ou plusieurs – … et de lire.

Dans cette perspective, l’expression « dévorer des livres » prend tout son sens. Et, puisqu’il paraît que nous sommes ce que nous mangeons, il faudrait mieux nourrir son esprit de belles idées, d’optimisme et humanisme, de tout ce qui nous rend heureux.

Profitons de cette période de confinement pour nous reconnecter aux écrivains et écrivaines de toutes les époques : ce sont eux qui nous sont le plus proches dans la distanciation sociale que nous vivons aujourd’hui.

Si je ne vous ai toujours pas convaincus, interrogez-vous : Pourquoi les livres étaient-ils brûlés en Allemagne Nazi ? Pourquoi Guy Montag met-il en danger sa vie pour préserver les livres que la société de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury interdit ? Parce que le savoir, c’est le pouvoir.

Alors, lire pour vivre ou vivre pour lire ?

Comme le dirait Pierre Dumayet, lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois.

Et s’il n’y avait qu’un livre à (re)lire pendant la quarantaine ? Peut-être serait-ce “Walden ou La vie dans les bois”, de Henry David Thoreau, où l’on découvre combien la solitude est politique et que le monde alentour nous pourvoit en raisons de vivre, pour peu que nous prenions le temps de le regarder.

https://www.philomag.com/les-idees/grands-auteurs/henry-david-thoreau-ou-loeil-du-sage-42907

Natalia

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