Collaboration avec le musée Ariana

« Destruction »

Que nous évoque ce mot ? Quels sentiments provoque ce terme ? N’avons-nous pas tous eu cette envie de casser, de détruire, de mettre en morceau un objet sans possibilité de représailles ? Être autorisé à détruire…

 

Le projet proposé dans le cadre de l’exposition « 1001 bols » s’intitule Destruction-Reconstruction ; les élèves de 2nde de l’Institut Florimont ayant pour option l’Histoire des arts, ont été amenés à travailler autour de ce thème avec comme fil conducteur deux problématiques de l’art contemporain :
- Comment réinvestir un objet de notre quotidien ­‐ le bol ?
- Le passage de l’objet au plan (du tridimensionnel au bidimensionnel)

Les élèves avaient comme consigne d’acheter dans le commerce deux bols identiques décorés de type industriel. À partir de cette vaisselle, ils auraient comme consigne de proposer une nouvelle pièce en passant par la destruction de l’une d’elle.
Le bol a été donc détruit par son acheteur à l’aide d’un marteau puis réinvesti pour lui donner une nouvelle forme. Ce geste violent a été dans un premier temps spontané puis, peu à peu, selon les désirs et les besoins de l’élève, contrôlé ; au fur et à mesure de l’expérience, en fonction de la proposition souhaitée, l’élève devait retourner casser
des morceaux trop gros, pas utilisable, pour fabriquer sa nouvelle proposition.
Tous les tessons récupérés ont été utilisés ; collés sur une surface en plexiglas aux dimensions précises pour créer une nouvelle pièce de type bidimensionnelle.
En détruisant la matrice et en s’appropriant sa « carcasse », l’élève a pu passer de la phase de destruction à la phase de reconstruction par le biais de la création.
La fonction de l’objet a été ainsi annihilée mais la matière reste très présente. Il est intéressant de remarquer que chacun peut retrouver les bribes, les restes de la fonction passée du bol (un bout de pied, une marque déposée...).
Enfin, chacun a du écrire un texte sur les sensations qu’il a ressenti lors de cette destruction autorisée et sur ce qu’il a pu ressentir pendant cette expérience.

Adriana Hartley
Céramiste et Enseignante en histoire des arts